
radiofrance.fr · Feb 20, 2026 · Collected from GDELT
Published: 20260220T153000Z
Rock Publié le vendredi 20 février 2026 à 15h10 2 min U2 photographiés en 2026. Le groupe de rock irlandais dévoile un nouvel EP anti-guerre où s’invite notamment le chanteur Ed Sheeran, à découvrir en écoute. Qu’a encore à dire U2 sur l’état de notre monde ? Cinquante ans après sa fondation en 1976 à Dublin par quatre adolescents épris de post-punk, l’une des formations les plus populaires de son temps n’a semble-t-il pas totalement perdu son ambition originelle de faire de la musique un vecteur de changement. Dès l’album War publié en 1983, la politique devenait ainsi l’un des ferments de la composition du groupe qui pointait alors la tragédie du conflit nord-irlandais tout comme la situation en ex-Europe de l’Est, des thèmes immortalisés sur ce disque par les emblématiques Sunday Bloody Sunday et New Year's Day. Les années ont passé, les succès n'ont cessé de s’enchaîner, avant que des sorties bien plus inégales (et de bien mauvaises opérations marketing) ne laissent à penser que Bono et sa bande n’avaient désormais plus comme seul horizon que l’auto-célébration d’une carrière pour autant exceptionnelle, à l’image de leur dernier album en date Songs of Surrender qui revisitait simplement en version acoustique, il y a trois ans, les grands tubes du groupe. Le monde et ses fractures béantes, pourtant, semblent s’être rappelées aujourd’hui aux quatre sexagénaires jusqu’à inspirer la sortie de six compositions inédites regroupées dans un EP surprise. Pour voir ce contenu, acceptez les cookies. Pour afficher ce contenu Youtube, vous devez accepter les cookies Publicité.Ces cookies permettent à nos partenaires de vous proposer des publicités et des contenus personnalisés en fonction de votre navigation, de votre profil et de vos centres d'intérêt. Intitulé Days Of Ash, en référence au Mercredi des Cendres lors duquel il a été mis en ligne, ce disque fait directement référence aux actualités tragiques qui ont secoué la planète ces derniers mois. C’est le cas, d’abord, de l’introductif American Obituary écrit au lendemain du meurtre de Renee Good à Minneapolis le 7 janvier dernier par la police anti-immigration ICE. Un moment de rock assez nerveux qui évoque parfois la période Achtung Baby du groupe, et qui vise explicitement l’Amérique trumpienne à l’instar de la protest-song dévoilée par Bruce Springsteen le mois dernier. Bien plus douce, The Tears Of Things est une ballade qui évoque quant à elle l'horreur de la Shoah tandis que Song of the Future scande le nom de la vlogueuse de 16 ans Sarina Esmailzadeh assassinée par la police iranienne il y a quatre ans. En forme d'interlude, le poème Wildpeace de l'Israélien Yehuda Amichaï ponctue quant à lui le disque dans la voix de la chanteuse Adeola des Amazones d'Afrique. Plus loin, la tragédie du Moyen-Orient résonne encore dans les oscillations de One Life At A Time, dédiée au militant palestinien Awdah Muhammad Hathalee abattu par un colon israélien au mois de juillet dernier. Ou celles de l’Ukraine, martyrisée par la Russie depuis quatre ans et auquel U2 offre un hommage où s’invitent au micro Ed Sheeran ainsi que le chanteur Taras Topolia, un ancien soldat ukrainien avec qui la star britannique avait déjà collaboré par le passé. "Ces morceaux sont des chansons de défiance et de consternation", a précisé Bono dans un communiqué. "Des chansons de célébration suivront, car malgré toutes les horreurs que nous voyons quotidiennement, il n'y a rien de normal dans cette période folle, et nous devons nous y opposer avant de pouvoir retrouver notre foi en l'avenir. Et en nous-mêmes." À écouter 55 minÀ lire aussi