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Optique : la grande machine à cash des ordonnances  non conformes
lepoint.fr
Published 5 days ago

Optique : la grande machine à cash des ordonnances non conformes

lepoint.fr · Feb 17, 2026 · Collected from GDELT

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Published: 20260217T073000Z

Full Article

INFO LE POINT. Des opticiens et des ophtalmologistes sont soupçonnés d’une fraude de plusieurs dizaines de millions d’euros dans le domaine de la télé-expertise. La ministre de la santé Stéphanie Rist veut mettre fin à ces « dérives ».Selon la loi, pour s’équiper de lunettes de vue, il faut consulter un médecin ophtalmologiste, obtenir une ordonnance, après avoir vérifié que vous n’avez pas de pathologies des yeux. Vous pouvez ensuite acheter vos lunettes chez l’opticien et obtenir un remboursement par votre mutuelle. Voilà pour la théorie. En réalité, il existe depuis deux ans un système D, un raccourci qui prend toujours plus d’ampleur. « Un détournement des règles de la télé-expertise »Vincent Dedes, le président du Syndicat national des ophtalmologistes (Snof), mène le combat au sein de la profession pour mettre un terme à ces dérives. « Nous avons identifié huit sociétés commerciales qui sont clairement en dehors des clous, souligne-t-il. Ces opticiens souscrivent à un abonnement mensuel avec ces sociétés. Pour environ 300 euros par mois, celles-ci les mettent en contact avec des ophtalmologistes. » Les noms des sociétés visées sont Sym Optic, Ophtacity, Plusbellemavue, Wyeexpert, Expertvision, Lyleoo, Ordoptic, Cevidentia. Toutes mettent en avant dans leur communication le « service rendu » au client.Le mécanisme est le suivant : « Les opticiens transmettent les mesures de réfraction de la vue des patients aux médecins, et, de façon automatique, ces ophtalmologistes renvoient une ordonnance, explique Vincent Dedes. Sans voir les patients, et moyennant finance. C’est un détournement des règles de la télé-expertise, et cela s’apparente de fait à un achat d’ordonnances. »Car le médecin est bien censé examiner en présentiel ou en téléconsultation son patient pour dépister des pathologies. Et ne pas signer automatiquement des ordonnances non conformes. Cette vaste arnaque dans l’optique rappelle le principe des plateformes médicales qui délivraient des arrêts de travail en quantité industrielle, avant que les pouvoirs publics durcissent la réglementation.« Nous assistons à une dérive très importante dans l’optique, avec une dérive de la télé-expertise. Il faut que les pouvoirs publics tapent du poing sur la table. Le seuil d’alerte est largement atteint », alerte Maxence Bizien, directeur exécutif de l’Association de lutte contre la fraude à l’assurance (Alfa). Cette organisation a fait constater par huissier des pratiques illégales de la part de certaines plateformes. « Parfois, elles délivrent tellement d’ordonnances que l’on se demande s’il y a de vrais ophtalmos, ou si ce sont des robots », ajoute Maxence Bizien. Certaines promettent même des ordonnances… dans l’heure, pour être sûr que le client ne parte pas sans lunettes !Stéphanie Rist, ministre de la Santé, affirme être « pleinement consciente des dérives qui existent dans la filière visuelle de la télémédecine ». © (XOSE BOUZAS / Hans Lucas via AFP) Contactée par Le Point, la ministre de la Santé Stéphanie Rist tient un discours de fermeté. Elle affirme être « pleinement consciente des dérives qui existent dans la filière visuelle de la télémédecine. Celle-ci a un rôle à jouer et peut faciliter l’accès à des médecins ophtalmologues, mais elle doit s’inscrire dans un cadre vertueux. Or certaines pratiques ne répondent pas du tout aux exigences de qualité et de pertinence ». La ministre a lancé « une feuille de route en janvier pour mettre de l’ordre dans cette filière visuelle, pour diffuser les bonnes pratiques et mettre un terme aux mauvaises ».Un des cas d’école est celui de la société Sym Optic, contre laquelle le Snof a porté plainte en décembre 2024, pour « exercice illégal de la médecine » et « tromperie du consommateur », et qui est depuis novembre 2025 en liquidation judiciaire. « Sym Optic produisait 70 000 ordonnances, en deux ans, à un rythme industriel, en ne faisant travailler que deux ou trois ophtalmos. L’un d’entre eux était d’ailleurs actionnaire de la société », constate Vincent Dedes. L’affaire est à l’instruction au parquet de Paris, et l’un des ophtalmologistes, le docteur G., fait aussi l’objet d’une plainte ordinale, à l’instruction devant le conseil de l’ordre des médecins de Paris.L’affaire est partie d’une mésaventure subie par un patient, Robert Grosdidier, âgé de 68 ans, habitant du Cher, et qui avait du mal à trouver une ophtalmologiste. « J’ai vu un camion mobile Sym Optic, installé sur le parking d’Intermarché. Je voulais me faire refaire des lunettes. Un opticien a mesuré ma vue, et ensuite j’ai reçu une ordonnance d’un ophtalmo que je n’avais jamais vu. Cela m’a paru un peu bizarre, et en plus leurs lunettes ne convenaient pas du tout à ma vue. J’ai appelé ce docteur, qui paraissait un peu gêné, en me disant que pourtant tout allait bien. Finalement j’ai décidé de consulter un autre ophtalmo, en ville, et il m’a détecté une cataracte, et j’ai dû être opéré. Je me suis rendu compte a posteriori que Sym Optic avait fait n’importe quoi et j’ai porté plainte contre eux », nous explique-t-il.De son côté la société Sym Optic se défend de toute pratique illégale : « Nous sommes transparents dans notre activité, les pouvoirs publics comprennent l’intérêt de notre démarche pour aller à la rencontre des populations délaissées par les ophtalmologistes », précise-t-elle. On aurait pu croire par la suite que le phénomène était endigué. Au contraire, il est en plein essor : « On estime maintenant que près de 15 % des 12 000 magasins d’opticiens, soit 1 800 d’entre eux, ont souscrit à ces contrats d’abonnements avec des plateformes, pour avoir des ordonnances automatiques. On a repéré un ophtalmo espagnol qui avait déjà été épinglé avec une autre société, et qui revient sous une autre marque », ajoute Vincent Dedes.La profession des opticiens se défend, même si elle admet des dérapages : « La Fédération nationale des opticiens de France travaille avec le Snof pour un encadrement de ces pratiques. Ces solutions ne sont pas toujours utilisées pour compenser le manque d’ophtalmologistes », plaide Hugues Verdier-Davioud, président de la Fédération nationale des opticiens de France.Le phénomène est de fait très répandu. Sur des devantures des magasins Optical Center, on voit affiché ce visuel : « Si vous n’avez pas d’ordonnance, on s’occupe de tout gratuitement. Ordonnances d’ophtalmologie en 48 heures. » Cette chaîne, qui regroupe 700 magasins, a donc recours à ces pratiques non réglementaires alors même qu’elle est visée, dans un autre dossier, par une vaste enquête du Parquet national financier (PNF) pour des soupçons de « fraude fiscale en bande organisée ». En l’état, Optical Center est présumé innocent et se défend « de toute pratique illégale ».Pour la Sécurité sociale, ces pratiques sont contraires au code de santé publique : « L’Assurance maladie ne peut pas prendre en charge des verres et des montures, obtenus sur la base d’un parcours de soins, qui ne met pas directement en relation le patient et le prescripteur, en consultation ou en téléconsultation », précise Fabien Badinier, directeur du contrôle et de la lutte contre les fraudes de la Cnam (Caisse nationale d’assurance maladie).Ce débat sera sur le devant de la scène mardi 24 février, puisque le projet de loi de lutte contre la fraude sociale devrait être examiné à l’Assemblée nationale, alors que les assureurs demandent justement plus de moyens pour traquer les dérives. Le préjudice se compte en dizaines de millions d’euros. Une seule plateforme, qui fait 70 000 ordonnances non conformes, pour des lunettes à 300 euros la paire, trompe déjà pour 21 millions d’euros l’Assurance maladie et les complémentaires, qui remboursent des actes indus. Est-ce raisonnable quand l’État prétend vouloir mieux surveiller le dérapage des comptes sociaux ?Les exemples sont légion. « La télé-expertise, quand elle est détournée, est une véritable machine à cash. On est confronté à de véritables distributeurs automatiques d’ordonnances », ajoute Gabrielle Prat, responsable de la lutte contre la fraude, pour l’assurance santé Alan.Un marché porteurLes enquêteurs des mutuelles découvrent également d’autres arrangements : « Vous entrez dans un magasin, vous voulez acheter une paire de lunettes de luxe à 500 euros, et vous avez un vrai problème de vue. Il vous manque 200 euros avec la prise en charge de votre mutuelle. L’opticien vous arrange le coup, avec une télé-expertise avec un ophtalmo, qui fait une ordonnance de lentilles de contact. Mais elle est détournée de son intitulé initial et vous permet de repartir avec votre paire à 500 euros, au nez et à la barbe de la mutuelle qui n’y voit que du feu. Ce petit arrangement permet aussi de se procurer des lunettes de soleil de marque, en plus des lunettes de vue, en escroquant la mutuelle. »Cette minorité de fraudeurs – quand la majeure partie de la profession d’opticiens n’a rien à se reprocher – s’inscrit dans un marché de l’optique en pleine croissance. Le chiffre d’affaires du secteur est de 8,3 milliards d’euros en 2024, pris en charge à 73 % par les organismes complémentaires. Plus de sept Français sur dix ont des lunettes ou des lentilles.Selon la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees), la France compte 13 300 magasins d’optique, un des réseaux les plus denses du monde avec un magasin pour 5 000 habitants. La dépense moyenne des Français en optique est passée de 450 euros en 2020 à 580 euros en 2023. Une poule aux œufs d’or. Alors parfois… certains dérapent. C’est pour cela qu’une vraie opération transparence s’impose.


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