
sciencepost.fr · Feb 18, 2026 · Collected from GDELT
Published: 20260218T201500Z
Imaginez un monde où, lorsque vous poussez une porte, celle-ci ne vous oppose aucune résistance, mais s’enfuit pourtant sous votre pression. Ce scénario, qui semble ignorer les bases de la physique scolaire, vient de prendre vie dans un laboratoire de l’Université de New York. Des chercheurs ont créé un cristal temporel capable de léviter sur un coussin de son en ignorant la troisième loi de Newton. Cette découverte bouscule nos certitudes sur l’équilibre des forces et ouvre une fenêtre fascinante sur les mécanismes invisibles de notre propre horloge biologique. L’effondrement d’un pilier de la physique classique Depuis Isaac Newton, nous savons que chaque action entraîne une réaction égale et opposée. C’est ce principe de réciprocité qui permet à une fusée de décoller ou à vos pieds de vous propulser vers l’avant. Pourtant, les physiciens David Grier et Mia Morrell ont observé un phénomène de « non-réciprocité » absolue. En faisant léviter des billes de polystyrène grâce à des ondes sonores stationnaires, ils ont remarqué que les particules interagissaient de manière totalement déséquilibrée. Les plus grosses billes influencent les petites sans subir de force équivalente en retour, créant un système où le mouvement devient une route à sens unique. Ce déséquilibre fondamental permet l’émergence d’une structure exotique : le cristal temporel. Contrairement aux cristaux classiques comme le diamant, dont les atomes se répètent dans l’espace, le cristal temporel s’organise selon un motif qui se répète dans le temps. Les billes oscillent d’avant en arrière selon des cycles immuables, alimentées par l’énergie du champ sonore. Ce qui rend cette expérience remarquable, c’est sa simplicité. Là où les cristaux temporels exigeaient jusqu’ici des températures proches du zéro absolu et des systèmes quantiques complexes, celui-ci « flotte » simplement dans l’air, entre deux haut-parleurs, défiant les lois du mouvement à température ambiante. Crédit : Centre de recherche sur la matière molle de l'Université de New YorkDes chercheurs ont créé une nouvelle forme de cristal temporel en faisant léviter des billes de polystyrène sur un « coussin » de son. La danse asymétrique des perles de polystyrène Le secret de cette prouesse réside dans la diffusion du son. Placées à quinze centimètres d’intervalle entre des émetteurs acoustiques, les billes interagissent en s’échangeant des ondes sonores. Pour illustrer ce mécanisme, les chercheurs utilisent la métaphore de deux ferries de tailles différentes s’approchant d’un quai. Chacun génère des vagues qui repoussent l’autre, mais le sillage du plus gros navire submerge littéralement le plus petit. Dans ce champ acoustique, la force n’est plus partagée : elle est imposée. Cette asymétrie brise la symétrie de Newton et force les particules à entrer dans une ronde temporelle perpétuelle et coordonnée. Cette interaction non réciproque n’est pas qu’une curiosité de laboratoire pour physiciens en quête d’exotisme. Elle représente une nouvelle catégorie de matière où l’énergie circule sans jamais atteindre l’équilibre statique que nous connaissons. En observant ces billes de polystyrène danser sur un coussin d’air, les scientifiques ont compris qu’ils tenaient un modèle réduit de systèmes bien plus complexes. Ce cristal temporel simplifié devient un outil d’observation idéal pour explorer des théories qui, jusqu’à présent, ne pouvaient être vérifiées que par des calculs mathématiques abstraits ou des dispositifs quantiques inaccessibles au commun des mortels. Crédit : Centre de recherche sur la matière molle de l'Université de New YorkL’image en stop-motion ci-dessus montre des paires de perles formant un cristal temporel sur une durée d’environ un tiers de seconde. Les différentes couleurs représentent les perles. Des lévitateurs sonores aux secrets de nos cycles biologiques L’implication la plus inattendue de cette découverte touche à notre propre physiologie. Les chercheurs de NYU suggèrent que ce comportement non réciproque est au cœur de nos horloges biologiques et de nos rythmes circadiens. Dans notre corps, certains réseaux biochimiques, comme ceux responsables de la digestion ou de la régulation du sommeil, fonctionnent sur ce même principe d’interactions déséquilibrées. En comprenant comment ces cristaux temporels acoustiques maintiennent leur rythme sans suivre les lois classiques de Newton, les biologistes espèrent décoder les mécanismes qui permettent à nos cellules de rester parfaitement synchronisées avec le cycle du jour et de la nuit. Au-delà de la biologie, l’avenir de cette technologie pointe vers l’informatique quantique et le stockage de données ultra-avancé. La capacité de créer des structures ordonnées dans le temps de manière aussi simple pourrait révolutionner la manière dont nous manipulons l’information. Nous ne sommes qu’au début de l’exploitation de ces cristaux d’un nouveau genre, mais une chose est certaine : en apprenant à briser les lois de Newton avec du son, la science vient de débloquer un niveau de contrôle sur la matière qui semblait, il y a encore dix ans, relever purement de la science-fiction. Rédigé par Brice L. Brice est un journaliste passionné de sciences. Il collabore avec Sciencepost depuis plus d'une décennie, partageant avec vous les nouvelles découvertes et les dossiers les plus intéressants.