
draguignan.maville.com · Mar 1, 2026 · Collected from GDELT
Published: 20260301T223000Z
Dimanche 01 mars 2026 19:00 RÉCIT. Iran : frappes israélo-américaines, riposte, mort d’Ali Khamenei… Ces deux jours où le Moyen-Orient s’est embrasé ... 1 Des panaches de fumée s’élèvent au-dessus des zones résidentielles de la capitale iranienne à la suite de frappes aériennes américano-israéliennes, en Iran, dimanche 1er mars 2026. © Anadolu via AFP/FATEMEH BAHRAMI L’attaque massive par les États-Unis et Israël contre la République islamique d’Iran, qui a conduit à la mort du Guide suprême Ali Khamenei, a provoqué une crise sans précédent au Proche et au Moyen-Orient. Retour sur ces deux jours d’escalade meurtrière. À Téhéran, au cœur de la capitale iranienne, la matinée est déjà bien entamée lorsque des panaches d’une épaisse fumée sont observés dans un ciel dégagé. Il est 9 h 40, heure locale, samedi 28 février 2026, et les premières explosions se font entendre. Dans la foulée, Israël, par le biais de son ministre de la Défense, met fin au faux suspens en annonçant mener des « frappes préventives » contre la République islamique.Des sirènes d’alerte retentissent alors dans tout le pays pour inviter les habitants à se rapprocher des abris antimissiles en prévision d’une riposte iranienne. En Iran, les premières informations sur les lieux touchés remontent : les frappes ont visé la grande ville d’Ispahan (centre), la ville sainte de Qom (centre), Karaj, située à l’ouest de Téhéran, ainsi que Kermanshah (ouest).Lire aussi : RÉCIT. Armada militaire, pourparlers infructueux, menaces… Ces deux mois qui ont conduit à l’attaque d’ampleur de l’IranOpération « Epic Fury »Aux États-Unis c’est le milieu de la nuit, mais les médias basculent en édition spéciale. Le New York Times et CNN annoncent que les États-Unis ont participé aux frappes menées sur l’Iran, citant un responsable américain. L’implication américaine est confirmée quelques minutes plus tard par Donald Trump en personne, alors que la menace d’une attaque grondait depuis plusieurs jours. Casquette estampillée « USA » vissée sur le crâne, le président prend la parole dans une allocution retransmise en direct sur son réseau, Truth Social. Pendant huit minutes, en direct de sa résidence de Mar-a-Lago en Floride, Donald Trump justifie l’intervention sur le sol iranien par la défense du peuple américain. « Nous allons détruire leurs missiles et réduire à néant leur industrie de missiles. Elle sera totalement anéantie. Nous allons anéantir leur marine », a-t-il promis avant d’appeler les Iraniens à prendre la rue et à se soulever contre le régime. Dans un message diffusé sur X, le nom de l’opération militaire est dévoilé par le ministère de la Défense américain : elle a été baptisée « Epic Fury ». Traduction : colère épique.Un peu plus d’une heure après le lancement de la première frappe sur Téhéran, l’Iran contre-attaque en tirant plusieurs salves de missiles et de drones en direction d’Israël, placé en état d’alerte maximal. Plusieurs explosions se font entendre à Jérusalem, dues à l’activation des dispositifs d’interception aériens. Dans un communiqué, Benyamin Netanyahou, partisan de longue date de l’option militaire contre Téhéran, déclare que l’opération vise « à éliminer la menace existentielle posée par le régime terroriste en Iran ». En d’autres termes : empêcher Téhéran d’enrichir son arsenal militaire avec l’arme nucléaire.Lire aussi : ENTRETIEN. Frappes en Iran : « Il existe, cette fois-ci un vrai risque d’embrasement régional », selon un expertLe Moyen-Orient visé par la riposte iranienneLa riposte iranienne ne tarde pas à s’étendre au-delà du seul territoire israélien : les bases militaires américaines sont visées au Moyen-Orient. Des explosions sont entendues en Arabie saoudite, au Qatar, à Abou Dhabi, au Koweït, à Bahreïn, aux Émirats arabes unis. Une explosion sur la célèbre île artificielle Palm Jumeirah à Dubaï provoque même un incendie : quatre personnes sont blessées. Conséquence : les principales compagnies aériennes suspendent leurs vols vers le Moyen-Orient, parmi lesquelles Air France, qui annonce l’annulation de ses vols à destination de Tel-Aviv, Beyrouth, Dubaï et Ryad. Côté iranien, les premiers bilans commencent à tomber : dans le sud de l’Iran, un missile est tombé sur une école de filles, tuant de nombreuses élèves. Selon les autorités iraniennes, plus de 165 morts ont été recensés, alors que ce dimanche, l’armée israélienne affirme ne « pas être au courant d’une frappe israélo-américaine sur une école en Iran », rapporte l’AFP.À l’international, les réactions pleuvent. Tandis que la Russie condamne l’attaque iranienne en dénonçant une « agression préméditée », Emmanuel Macron réagit sur X. Le pouvoir iranien n’a « plus d’autre option » que de négocier de « bonne foi » pour « mettre un terme à son programme nucléaire », estime-t-il. Le Quai d’Orsay met à jour ses consignes de sécurité pour les ressortissants français au Moyen-Orient et appelle à « limiter les déplacements ». De son côté, Londres ne veut pas voir la situation « dégénérer en un conflit régional plus large » et appelle ses ressortissants dans la région à se mettre à l’abri.Lire aussi : Attaque en Iran : la « victoire finale » est proche, déclare le fils de l’ancien chah d’Iran, figure de l’oppositionLes hauts dignitaires du régime ciblés par des missilesAu cours de l’après-midi, des éclaircissements sont révélés au compte-goutte sur cette attaque coordonnée des États-Unis et Israël. On apprend que celle-ci a été menée après des mois de planification, et la première salve de missiles visait à atteindre plusieurs réunions de hauts dignitaires du régime à Téhéran, parmi lequel le Guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei. À cette heure, leur sort reste encore inconnu, même si une image satellite prise et diffusée ce même jour montre le complexe résidentiel du guide suprême complètement détruit. On découvrira plus tard que trente bombes ont visé sa résidence. Plus largement, plus de 20 des 31 provinces iraniennes sont « affectées par les attaques », selon le Croissant Rouge. Le gouvernement iranien appelle les habitants de Téhéran à quitter la capitale dans un SMS envoyé sur les téléphones iraniens. Des images postées sur les réseaux sociaux montrent des embouteillages monstres sur les routes de la capitale.La mort du Guide suprême, point d’orgue d’une journée meurtrièreÀ 20 h, heure française, samedi, le premier ministre israélien Benyamin Netanyahou prend la parole et déclare qu’il existerait « des signes » qui prouveraient que le Guide suprême Ali Khamenei aurait été tué. Au cours de la soirée, la rumeur prend de l’ampleur. C’est sur son réseau, Truth Social, que Donald Trump brise l’attente : « Khamenei, l’une des personnes les plus diaboliques de l’Histoire, est mort. » La confirmation iranienne n’interviendra qu’en milieu de nuit, heure française, par la télévision d’État iranienne, annoncée par un présentateur en larmes à l’écran. Quarante jours de deuil et sept jours fériés sont instaurés. À Téhéran, l’annonce de sa mort suscite des manifestations de joie, où des habitants ont applaudi depuis leurs fenêtres et mis de la musique tandis que de vives acclamations ont retenti en soirée, relate l’AFP.Sa mort sonne comme le point d’orgue d’une journée meurtrière. L’armée israélienne a également annoncé que sept hauts responsables iraniens avaient été tués lors des frappes, parmi lesquels le chef des gardiens de la révolution, Mohammad Pakpour, et Ali Shamkhani, un conseiller du Guide suprême. La réaction des gardiens de la révolution ne se fait pas attendre. « La plus féroce opération offensive de l’histoire des forces armées de la République islamique d’Iran va débuter d’un moment à l’autre contre les territoires occupés et les bases terroristes américaines », écrivent-ils sur Telegram. Il est décidé que trois hauts responsables assureront la transition après la mort d’Ali Khamenei : le président iranien, Massoud Pezeshkian, le chef du pouvoir judiciaire, Gholamhossein Mohseni Ejei, et le dignitaire religieux, Alireza Arafi.Lire aussi : L’ayatollah Ali Khamenei, Guide suprême de l’Iran, est mort dans une frappe israéliennePoursuite des attaques ce dimancheCe dimanche 1er mars, les détonations ont continué de part et d’autre. Des explosions ont été signalées dans plusieurs pays du Golfe, ainsi qu’en Israël et en Iran. À Oman, médiateur clé dans les pourparlers américano-iraniens, épargné samedi, le port a été attaqué par des drones dimanche matin selon l’agence de presse d’État. Une personne a été blessée. À Abou Dhabi, aux Émirats arabes unis, une attaque iranienne a provoqué un incendie sur une base accueillant des forces françaises. L’ambassade américaine a appelé ses ressortissants à rester confinés. Donald Trump a, lui, menacé l’Iran d’une riposte militaire « sans précédent » en cas de représailles, et Vladimir Poutine a adressé ses condoléances à l’Iran pour l’« assassinat » d’Ali Khamenei.L’armée israélienne a fait un point sur l’offensive encore en cours : une quarantaine de hauts responsables de l’appareil militaire iranien ont été tués depuis samedi et la moitié des stocks de missiles de l’Iran ont été détruits. Donald Trump a assuré que 48 leaders iraniens avaient été tués. Le Croissant Rouge a rapporté que les attaques israéliennes avaient fait plus de 200 morts.Les frappes iraniennes ont aussi fait des victimes : au moins neuf morts dans le centre d’Israël, trois personnes aux Émirats arabes unis et un mort au Koweït. Trois soldats américains ont également perdu la vie dans l’opération « Epic Fury », a rapporté le Pentagone. Samedi, lors de son allocution pour annoncer l’attaque américaine en Iran, Donald Trump avait prévenu : « La vie de courageux héros américains pourrait être perdue, et nous pourrions subir des pertes ». Maïté Charles Ouest-France