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Penser l  économie africaine à partir de lAfrique : autour de Cédric Achille Mbeng Mezui
financialafrik.com
Published 6 days ago

Penser l économie africaine à partir de lAfrique : autour de Cédric Achille Mbeng Mezui

financialafrik.com · Feb 16, 2026 · Collected from GDELT

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Published: 20260216T104500Z

Full Article

Par le Pr Bonaventure MVE ONDO Professeur émérite de Philosophie Recteur honoraire de l’Université Omar Bongo Vice-Recteur honoraire de l’Agence universitaire de la Francophonie Résumé Cet article analyse la pensée économique et géoéconomique de Cédric Achille Mbeng Mezui à travers deux de ses ouvrages majeurs, Sortir du collapsus économique : reconstruire la puissance africaine (2021) et Géoéconomie : des minerais stratégiques dans le bassin du Congo (2024). Nous proposons d’y voir l’émergence d’une doctrine que nous nommons « réalisme souverainiste africain », articulant souveraineté politique et maîtrise matérielle des leviers financiers et stratégiques. En mobilisant une lecture philosophique et prospective, nous montrons comment cette doctrine, ancrée dans des filiations intellectuelles africaines (Nkrumah, Hountondji, Mbembe), pourrait servir de cadre d’action pour les États africains à l’horizon 2050. Introduction : l’économie comme front principal de la souveraineté En ce début de XXIᵉ siècle, l’Afrique se trouve à un carrefour historique où se mêlent espoirs d’émancipation et risques de reproduction des dépendances. L’intégration continentale, proclamée dans les discours, se heurte encore à des inerties structurelles, à une fragmentation institutionnelle et à la pression des logiques globales du capitalisme. Or, les débats sur la souveraineté africaine se sont trop souvent focalisés sur les dimensions politiques, diplomatiques ou culturelles, laissant à l’économie un rôle secondaire ou purement instrumental. La pensée de Cédric Achille Mbeng Mezui rompt radicalement avec cette hiérarchie implicite. Sans le dire frontalement, elle repose sur une intuition forte : l’économie est le cœur battant de toute puissance durable et constitue le socle sur lequel s’érige l’autorité politique. Les expériences historiques des grandes puissances impérialistes démontrent que la maîtrise des instruments financiers, la structuration des marchés et le contrôle des ressources précèdent toute hégémonie géopolitique. En s’attaquant directement à la question de l’économie africaine, Mbeng Mezui invite à un renversement de perspective (sortir du paradoxe actuel — celui d’une souveraineté nominale dépourvue de souveraineté matérielle — qui constitue l’un des nœuds les plus persistants du développement africain) pour enfin penser l’Afrique, à partir de l’Afrique, en articulant les ressources endogènes, les structures régionales et la projection stratégique. Cette approche, que nous appelons ici « réalisme souverainiste africain », fournit un cadre pour dépasser les diagnostics convenus et envisager des scénarios concrets de transformation. Dans ce contexte, la question centrale qui guide cet article est la suivante : quelles conditions conceptuelles et stratégiques permettraient-elles à l’Afrique au XXI° siècle de passer d’une souveraineté nominale à une souveraineté effective? Nous proposons d’y répondre à partir de la pensée économique et géoéconomique de Cédric Achille Mbeng Mezui, exposée dans Sortir du collapsus économique (2021) et Géoéconomie (2024). Sa réflexion articule économie et politique dans une perspective que nous désignons comme réalisme souverainiste africain, doctrine qui, loin des utopies déconnectées ou du fatalisme de la dépendance, prend acte des contraintes géopolitiques tout en affirmant l’exigence de maîtrise matérielle des leviers de puissance. 1. Sortir du collapsus économique : vers une souveraineté effective Dans Sortir du collapsus économique, Mbeng Mezui établit un constat que partagent nombre d’économistes. En effet, depuis les années 1960, il n’y a pas eu de changement dans la structuration économique en Afrique malgré les vœux des grands leaders comme Kwame Nkrumah, Patrice Lumumba et d’autres. Les indépendances politiques se sont souvent accompagnées d’une continuité structurelle dans les rapports économiques : maintien des chaînes d’exportation de matières premières vers l’extérieur, dépendance aux devises fortes, faible industrialisation locale. Les instruments financiers — banques centrales, marchés de capitaux, fonds souverains — sont restés soit embryonnaires, soit placés sous l’influence d’institutions internationales. Ce legs structurel a enfermé nombre d’États africains dans une économie de rente vulnérable aux cycles des prix mondiaux. La mondialisation néolibérale des années 1980-2000, marquée par l’ajustement structurel, a renforcé cette dépendance. En échange d’un accès au crédit international, les États ont accepté des programmes qui ont souvent affaibli leurs capacités productives et réduit leur marge d’action souveraine. La financiarisation globale, loin d’abolir les rapports de domination, les a reconfigurés sous la forme de nouvelles dépendances : notation financière, accès conditionné aux marchés de capitaux, exposition aux fluctuations des matières premières. Or, le début du XXIe siècle rebat partiellement les cartes. La transition énergétique mondiale, l’essor des technologies vertes et la compétition entre grandes puissances ont placé l’Afrique au cœur d’une nouvelle géopolitique des ressources stratégiques. Le cobalt, le lithium, le coltan, les terres rares — présents en abondance dans certaines régions, notamment dans le bassin du Congo — sont devenus indispensables à l’économie mondiale de demain. Cette centralité confère au continent un pouvoir de négociation potentiel, mais aussi le risque d’un nouveau cycle extractiviste qui reproduirait les schémas passés, sans industrialisation, ni montée en gamme. Dans Sortir du collapsus économique, Mbeng Mezui décrit donc un continent pris dans un double piège : la dépendance externe (aux marchés financiers et aux financements multilatéraux) et l’insuffisance des mécanismes financiers internes (faible intégration des marchés de capitaux africains, faiblesses des fonds souverains, absence de politiques coordonnées d’investissement). Pour en sortir, il propose la création d’instruments endogènes — marchés financiers régionaux interconnectés, fonds souverains continentaux, obligations vertes — capables de financer prioritairement des infrastructures productives et non la simple consommation publique. Dans la préface que nous avions rédigée alors pour cet ouvrage, nous insistions sur la portée philosophique de cette orientation : il ne s’agit pas seulement de corriger un déficit économique, mais de refonder la souveraineté africaine. La maîtrise des moyens financiers, dans cette perspective, devient une condition de l’autodétermination politique. Mbeng Mezui appelle donc à dépasser la souveraineté nominale héritée des indépendances pour entrer dans une souveraineté effective, où le contrôle des ressources financières et matérielles n’est plus délégué mais exercé pleinement par les acteurs africains. 2. Géoéconomie des ressources : minerais stratégiques et pouvoir Dans Géoéconomie des minerais stratégiques dans le bassin du Congo, l’auteur élargit sa réflexion à la dimension géoéconomique. Le bassin du Congo, avec ses réserves colossales de cobalt, coltan, terres rares et autres minerais essentiels à l’économie numérique et à la transition énergétique mondiale, constitue un nœud stratégique planétaire. Mbeng Mezui montre que la bataille autour de ces ressources ne se limite pas à la sphère économique : elle engage des rapports de puissance, des stratégies de sécurisation des approvisionnements et, in fine, la place de l’Afrique dans l’ordre mondial. Sa thèse centrale est claire : sans contrôle souverain de ses ressources critiques et sans capacité de négociation collective, l’Afrique restera cantonnée au rôle de fournisseur brut, dépendant des prix fixés ailleurs. Cette réflexion prolonge la précédente : la souveraineté financière et la souveraineté sur les ressources sont deux faces d’une même médaille. L’une ne va pas sans l’autre, et leur articulation est le socle d’une puissance africaine véritable. 3. Vers le réalisme souverainiste africain La pensée de Mbeng Mezui s’inscrit donc dans une constellation intellectuelle où se croisent plusieurs traditions critiques. Avec Kwame Nkrumah, elle partage l’exigence d’autonomie économique comme condition de liberté politique. Avec Paulin Hountondji, elle assume l’impératif de savoirs endogènes, adaptés aux réalités locales. Avec Achille Mbembe, elle engage la question de l’Afrique comme sujet de son histoire dans la mondialisation. Ce qui la singularise, c’est le refus de dissocier économie et politique : la finance est un champ stratégique et les ressources, des leviers de pouvoir. Cette articulation forge ce que nous appelons un réalisme souverainiste africain : Un réalisme qui prend acte des contraintes géopolitiques et économiques actuelles — asymétries de pouvoir, institutions financières internationales, compétition mondiale pour les ressources. Un souverainisme qui affirme que la dignité politique suppose la maîtrise effective des leviers matériels de la puissance : flux financiers, infrastructures critiques, ressources stratégiques. Ce réalisme souverainiste est à la fois une doctrine (définissant les conditions conceptuelles de la souveraineté dans un monde globalisé) et une praxis (proposant des instruments concrets pour la réaliser). 4. Perspectives et scénarios à l’horizon 2050 À l’horizon 2050, la population africaine représentera plus d’un quart de l’humanité. Cette donnée démographique impose une vision stratégique de long terme, articulée autour de quatre piliers : Souveraineté financière intégrée : marchés financiers régionaux interconnectés et fonds souverains panafricains. Maîtrise stratégique des ressources critiques : création de cartels régionaux pour influencer les prix et favoriser l’industrialisation locale. Alliances géoéconomiques Sud-Sud : diversification des partenariats hors du seul axe Nord-Sud. Gouvernance panafricaine de la puissance : institutions continentales fortes pour réguler les flux et arbitrer les tensions. À partir de la grille de lecture prop


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