
lemauricien.com · Mar 1, 2026 · Collected from GDELT
Published: 20260301T101500Z
Longtemps engagée dans la rue à travers plusieurs collectifs citoyens, Linda Lam a su imposer sa voix dans le débat public sur le plan local. Porte-parole de la plateforme Pa Tous Nou Pansion 60 ans, fondatrice des mouvements No Covid Vax For Kids & Nou Pa Bann Cobaye, Pa Tous Nou Sim Card et Pa Koupe Nou Pension 60 ans, elle s’est fait connaître par ses prises de position tranchées sur la liberté individuelle, la protection des données et la défense des droits sociaux. Aujourd’hui, celle qui affirmait autrefois se méfier de la politique franchit un cap décisif. Après avoir décliné une première invitation, elle a finalement choisi de rejoindre le parti dirigé par Sanjeev Teeluckdarry et d’adhérer au Congrès Citoyen Mauricien, convaincue que le changement passe aussi par les institutions. Dans cet entretien, elle revient sur son parcours, ses victoires militantes, sa vision du leadership et les raisons profondes qui l’ont poussée à s’engager dans la politique active.- Publicité - Comment décrivez-vous Linda Lam ? Linda Lam était d’abord une personne timide, qui manquait de confiance en elle et avait peur de prendre la parole en public. À chaque fois, c’était un grand défi pour moi de parler avec les médias et le grand public pour faire entendre sa voix. Linda Lam est en fait une activiste qui aspire à inspirer les citoyens ordinaires, qui, avec détermination et persévérance, peuvent faire entendre notre voix jusqu’aux autorités et autres afin de remporter des victoires là où la plupart des gens disaient que c’était du gaspillage, voire une perte de temps. Moi, j’ai toujours cru dans ce problème, tout est possible à celui qui croit. L’union fait la force. Linda Lam est d’abord une fonceuse, voire une personne qui essaie d’être courageuse, et ce n’était pas le cas quelques années de cela. Elle aime relever les défis et en même temps elle veut apporter à l’édifice de son pays pour que les gens se souviennent d’elle un jour qu’elle a œuvré pour le bien-être du pays. Quel type de leadership aimeriez-vous voir émerger ? Je souhaite voir un leader émerger qui soit intègre et transparent. Un leader qui agit avec honnêteté, qui lutte contre la corruption et contre le népotisme. Un leader proche et à l’écoute du peuple. Un leader qui comprend les besoins réels de ses citoyens et qui valorise la participation citoyenne et qui prend en considération toutes les voix des citoyens, surtout ceux qui manifestent dans la rue. Un leader qui ne fait pas la sourde oreille. Un leader qui place le bien-être du peuple et l’avenir du pays au cœur de toutes les décisions. Penser donc à l’intérêt du peuple avant tout, mais non pas avoir une obsession pour remplir ses poches, des valises et un coffre-fort À un certain moment donné, vous avez créé le mouvement No Covid Vax For Kids & Nou Pa Bann Cobaye. Pouvez-vous revenir sur cette étape pour nous expliquer un peu votre amertume ? J’avais créé d’abord ce mouvement car mes enfants n’avaient pas accès à l’école. J’avais demandé de l’aide à certaines personnes pour faire évoluer la situation mais finalement je me suis retrouvé seul. C’est alors que j’ai donc décidé de prendre mon destin en main. Il fallait que je mette sur pied un groupe collectif pour que je puisse me battre pour mes enfants. Je commence alors à parcourir les réseaux sociaux pour rechercher des parents qui n’étaient pas intéressés à faire vacciner leurs enfants. J’ai donc établi des contacts et j’ai créé en même temps un groupe WhatsApp pour des échanges d’idées. Nous avons tenu par la suite notre première conférence de presse qui s’est révélée être un succès au point où l’ancien régime nous a écoutés et les enfants de 12 à 17 ans ont réussi à avoir accès à l’école sans un laisser-passer vaccinal. Mais malheureusement, ceux âgés de plus de 18 ans et les adultes, surtout le personnel navigant et les enseignants, ont été confrontés à la nécessité d’avoir un laissez-passer vaccinal À ce moment-là, le groupe a créé le groupe Nou pa bann Cobayes en vue de se battre pour les adultes. Nous avons remporté quelques victoires ; les étudiants des universités et des institutions tertiaires ont réussi à avoir accès à leurs institutions. Également les employés. Mais malheureusement, une petite minorité composée de membres du personnel navigant et d’enseignants continuait à souffrir. Nous avons continué la bataille pendant un an jusqu’à remporter la victoire. Le combat était sans relâche jusqu’à la victoire. Je dois dire qu’avant de gagner le combat, nous étions associés à UPSEE pour tenir une conférence. Nous avons gagné la victoire pour les non-vaccinés. J’ai été contente pour le personnel navigant, qui a réussi à avoir accès à son lieu de travail sans être vacciné. Nous sommes satisfaits que les enseignants aient cessé de payer le test antigène pour avoir accès à leur travail. C’était donc une première victoire, mais la célébration était de courte durée car tout juste après l’avènement de l’enregistrement des SIM cards. Vous invoquez souvent le Code de Nuremberg : pourquoi cette référence est-elle centrale dans votre argumentaire ?- Publicité - Je parle souvent du Code de Nuremberg parce qu’il rappelle un principe très important : le consentement libre et éclairé pour tout traitement médical. Pendant la période du Covid, beaucoup de citoyens pensaient qu’ils étaient obligés de se faire vacciner pour pouvoir travailler ou pour que leurs enfants puissent aller à l’école. Pour moi, cette référence est importante parce qu’elle réitère le fait que la dignité, le choix et le respect de la personne doivent passer avant tout. Notre corps est notre temple, et c’est à nous de décider si nous voulons nous faire vacciner ou non. Ce n’est pas à l’État de nous donner l’ordre de nous faire vacciner contre le Covid. Nous devons préserver le droit de choisir librement, car il y a aussi des personnes qui croient en d’autres méthodes alternatives et naturelles pour se protéger contre le Covid-19. En résumé, le droit de choisir revient à la personne et non à l’État. Un vaccin est considéré comme un médicament, donc on ne peut pas forcer une autre personne à se faire vacciner sans son consentement. Dans le mouvement Pa Tous Nou Sim Card, qu’est-ce qui vous semblait le plus dangereux dans le réenregistrement obligatoire ?- Advertisement - Dans le mouvement Pa Tous Nou Sim Card, ce qui me semblait le plus dangereux était l’obligation de réenregistrer nos cartes SIM sans véritable choix. Beaucoup de citoyens étaient inquiets pour leur vie privée et leurs données personnelles. Nous ne savions pas où allaient ces données. Et on obligeait même les gens à faire un selfie. L’ancien régime ne donnait pas de vraies raisons pour ce réenregistrement, alors que nos cartes SIM étaient déjà enregistrées. Il y avait un vrai risque que des hackers, ou même le gouvernement, puissent avoir accès à nos téléphones. Notre vie privée était en danger. C’est pour cela que j’ai décidé de créer le collectif Pa Tous Nou Sim Card pour défendre la liberté et la vie privée des citoyens. Que reprochez-vous principalement à la réforme repoussant la pension universelle de 60 à 65 ans ? La réforme repoussant la pension universelle de 60 à 65 ans n’était pas dans le programme électoral du gouvernement. Au contraire, ils avaient promis d’augmenter le montant de la pension, même de le doubler. Le peuple les a crus et aujourd’hui il se sent trahi. C’est un véritable coup de poignard dans le dos et une rupture du contrat social avec la population. Je reproche aussi à cette réforme d’être injuste pour les travailleurs, surtout ceux qui exercent des métiers pénibles. Beaucoup de Mauriciens commencent à travailler très jeunes et arrivent déjà fatigués à 60 ans. Les obliger à travailler jusqu’à 65 ans, c’est ignorer la réalité de leur santé et de leurs conditions de vie. Les travailleurs manuels sont physiquement épuisés, mais les employés de bureau, les enseignants et d’autres encore sont souvent mentalement fatigués, certains souffrent même de burn-out. Beaucoup ne peuvent pas continuer à travailler jusqu’à 65 ans pour subvenir à leurs besoins et à ceux de leur famille. Je reproche également le manque de consultation avec la population. Une décision aussi importante aurait dû faire l’objet d’un vrai dialogue national. La pension à 60 ans est un droit acquis et un soutien essentiel pour vivre dignement. Enfin, cette réforme risque d’augmenter la précarité chez les personnes âgées. C’est pourquoi il est essentiel de se battre pour protéger la dignité et le bien-être de nos aînés. Pensez-vous que les Mauriciens ont peur de s’exprimer publiquement ? Oui, je pense que beaucoup de Mauriciens ont peur de s’exprimer publiquement. Certains ont peur des critiques, d’autres ont peur des représailles ou de perdre leur emploi, surtout sous l’ancien régime. Il y a aussi des personnes qui préfèrent rester silencieuses parce qu’elles pensent que leur voix ne fera pas de différence. Mais je pense aussi que de plus en plus de Mauriciens commencent à s’exprimer librement maintenant et à défendre leurs droits. Quand la population se rassemble pour une cause juste, cela donne du courage aux autres de parler à leur tour. Il est important que les Mauriciens puissent s’exprimer librement, sans peur, parce que la démocratie a besoin que la voix du peuple soit entendue. Mais les employés de bureau, les enseignants et d’autres encore sont souvent mentalement fatigués, certains souffrent même de burn-out. Beaucoup ne peuvent pas continuer à travailler jusqu’à 65 ans pour subvenir à leurs besoins et à ceux de leur famille. Je reproche également le manque de consultation avec la population. Une décision aussi importante aurait dû faire l’objet d’un vrai dialogue national. La pension à 60 ans est un droit acquis et un soutien essentiel pour vivre dignement. Enfin, cette réforme risque d’augmenter la précarité chez les personnes âgées. C’est pourquoi il est essentiel de se battre pour protéger la dignité et le bien-être de nos