
lapresse.ca · Feb 16, 2026 · Collected from GDELT
Published: 20260216T124500Z
Le saviez-vous ? Les femmes n’ont pas les mêmes cœurs que les hommes. Elles sont plus à risque de mourir d’une maladie cardiaque que d’un cancer du sein. Leurs douleurs sont souvent banalisées par les médecins, et, non, on ne leur donne pas toujours des traitements appropriés. Une série documentaire animée par la Dre Michelle Houde, alias la MD colorée, fait le point. Publié à 7 h 00 Les patientes, une série de huit épisodes lancée début février sur Savoir média, s’attaque à un tas de mythes, biais et autres faits méconnus relatifs à la santé des femmes. Au menu : le cœur, le cancer, l’entraînement, mais aussi la santé mentale, le rapport au corps. Les sujets sont variés et ratissent très large. Objectif : clarifier les faits, déboulonner les idées reçues et en finir avec des demi-vérités, avec toutes les nuances qui s’imposent. Comment ? À l’aide d’entrevues auprès d’experts, de la cardiologie à l’oncologie, en passant par la gynécologie, la kinésiologie, la psychiatrie et la pédiatrie. À coups de deux experts différents par épisode, en plus de plusieurs patientes (même un patient, qui se prêtera au « jeu » des contractions simulées !), on a affaire à une série costaude, laquelle fait appel à notre intelligence, tout en vulgarisant la science. Vous voulez des chiffres ? Vous en aurez. Mais aussi des explications et des clarifications digestes, souvent illustrées, en plus d’être habilement résumées en fin de chaque épisode. C’est la touche de l’animatrice aux lunettes colorées, vulgarisatrice bien connue du public avec ses quelque 230 000 abonnés sur TikTok et pas loin de 70 000 sur Instagram, Michelle Houde, également médecin résidente en santé publique et médecine préventive. Le sujet l’interpelle particulièrement. Elle ne compte plus les témoignages de femmes craignant de ne pas avoir accès à une information de qualité, sans parler de celles qui se disent peu écoutées par leur médecin. « Et ça m’a surprise », dit-elle, rencontrée à ses bureaux pour en discuter. CHARLES WILLIAM PELLETIER, ARCHIVES COLLABORATION SPÉCIALE La Dre Michelle Houde C’est comme si l’idéaliste que je suis n’aurait pas cru, ne voulait pas croire, qu’il y avait une telle différence entre l’expérience de soins entre les hommes et les femmes. La Dre Michelle Houde, médecin spécialiste en santé publique et médecine préventive Pourquoi, au juste ? « Il y a beaucoup de biais inconscients qui reposent sur des inégalités historiques dans la recherche scientifique et médicale », avance-t-elle. Historiquement, on le sait, les recherches ont été menées sur les hommes. « On considérait le corps de la femme comme un “petit corps d’homme” ». Il a fallu attendre des années avant qu’on étudie les sujets propres au corps de la femme. « Le clitoris n’a été bien compris qu’en 1998. J’étais déjà née ! » En plus, « si une douleur est liée au cycle menstruel, enchaîne-t-elle, c’est une douleur qu’on va moins traiter. Cela dit, je vois des efforts dans la communauté médicale de traiter tout le monde avec les mêmes soins ». Des années dans les limbes médicales N’empêche que bien des patientes se sentent ignorées et, fait à noter, les experts le confirment aussi. Il faut entendre l’obstétricienne-gynécologue France Leduc dénoncer cet état de fait : « La majorité des femmes qui se plaignent de douleurs vont voir leurs plaintes banalisées par les professionnels de la santé qu’elles consultent. Et c’est là la problématique. Des femmes peuvent attendre de nombreuses années avant d’être prises en charge et prises au sérieux. Et c’est ça qu’on veut éviter. » PHOTO FOURNIE PAR SAVOIR MÉDIA La Dre France Leduc, obstétricienne-gynécologue « Le but, reprend la Dre Michelle Houde, c’est comprendre les particularités du corps de la femme, et de la santé de la femme. Voir d’où on part, où on est et où on veut aller ! » Même la médecin en elle a appris des tas de choses avec cette série. « Ce qui m’a le plus interpellée, c’est l’épisode sur le rapport au corps », poursuit-elle. Ici, on apprend que les femmes ont « naturellement » plus de graisses que les hommes. Ce n’est pas tout. « La graisse sous-cutanée (cellulite) n’est pas dangereuse pour la santé. Contrairement à la graisse à l’intérieur du ventre […], cette graisse n’est pas grave ! » Avec la transparence qu’on lui connaît, la Dre Michelle Houde ajoute avoir tourné cet épisode l’an dernier, alors qu’elle venait d’avoir 30 ans. « Ça m’a aidée à accepter les changements dans mon corps et à mieux communiquer ces enjeux liés au poids. Cet épisode a tout changé pour moi, ça m’a vraiment marquée ! » C’est d’ailleurs ce qu’elle souhaite ici : « Informer les hommes et les femmes du fonctionnement du corps de la femme et leur redonner le pouvoir des connaissances. » En ondes et en ligne, les mardis, à 21 h, sur Savoir média Consultez le site de Savoir média