
huffingtonpost.fr · Feb 22, 2026 · Collected from GDELT
Published: 20260222T084500Z
Mike Huckabee était interrogé sur son interprétation d’un verset de la Genèse, selon lequel Israël aurait des droits sur les terres situées « entre le Nil et l’Euphrate ». JAAFAR ASHTIYEH / AFP L’ambassadeur des États-Unis en Israël, Mike Huckabee, ici à Taybeh, un village chrétien palestinien situé au nord-est de Ramallah, en Cisjordanie occupée, le 19 juillet 2025 . Des mots qui ne passent pas. De vives protestations s’élevaient ce dimanche 22 février dans le monde arabe et musulman après des propos de l’ambassadeur des États-Unis en Israël, Mike Huckabee. D’après lui, selon la tradition biblique, Israël aurait un droit sur des terres s’étendant sur une large partie du Moyen-Orient. Les réactions ont été d’autant plus vives qu’Israël a pris récemment une série de mesures visant à accroître son contrôle sur la Cisjordanie occupée. Mike Huckabee, ancien pasteur baptiste et fervent partisan d’Israël, nommé au poste d’ambassadeur en 2025 par le président Donald Trump, était interviewé par le commentateur conservateur américain Tucker Carlson. Dans un podcast diffusé vendredi, Tucker Carlson a interrogé l’ambassadeur sur son interprétation d’un verset de la Genèse selon lequel Israël aurait des droits sur les terres situées « entre le Nil et l’Euphrate », s’étendant donc de l’Égypte à l’Irak et à la Syrie. « Je pense que c’est exact. Et cela engloberait en gros tout le Moyen-Orient », a déclaré M. Huckabee. « Ce serait bien s’ils prenaient tout », a-t-il ajouté. L’Iran se joint au concert de critiques Dans une déclaration commune, plus de dix pays dont les États du Golfe, l’Égypte, la Turquie ou encore l’Indonésie, ainsi que des organisations comme la Ligue arabe ont exprimé ce dimanche « leur ferme condamnation et leur profonde préoccupation ». Ils ont affirmé leur « rejet catégorique de telles déclarations dangereuses et incendiaires », qui selon eux « constituent une menace grave pour la sécurité et la stabilité de la région ». L’Iran s’est joint au concert de critiques par la voix de son ministère des Affaires étrangères, qui a accusé Mike Huckabee de révéler par ses propos « la complicité active des États-Unis » dans ce qu’il nomme les « guerres d’agression expansionnistes » menées par Israël contre les Palestiniens. L’Autorité palestinienne, basée en Cisjordanie occupée, a déclaré sur X que les propos de Mike Huckabee « contredisaient le rejet par le président américain Donald Trump du projet d’annexion de la Cisjordanie » par Israël. Israël multiplie les mesures visant à accroître son contrôle sur la Cisjordanie, territoire palestinien occupé depuis 1967, y compris sur des secteurs placés sous le contrôle de l’Autorité palestinienne en vertu des accords israélo-palestiniens d’Oslo, conclus dans les années 1990 et aujourd’hui moribonds. Une haute responsable de l’ONU a estimé mercredi que les mesures prises par Israël équivalaient à une « annexion progressive de facto ». « Conseil de paix » Israël a annexé Jérusalem-Est et une partie du plateau syrien du Golan. Hormis Jérusalem-Est, plus de 500 000 Israéliens vivent en Cisjordanie dans des colonies que l’ONU juge illégales au regard du droit international, au milieu de quelque trois millions de Palestiniens. Face aux critiques, l’ambassadeur américain a publié samedi deux messages sur X pour préciser sa position sur d’autres sujets abordés lors de l’entretien, dont la définition du sionisme, mais il n’est pas revenu sur ses propos concernant le contrôle par Israël de territoires du Moyen-Orient. La Ligue arabe a déploré sur X « de telles déclarations extrémistes (qui) suscitent des sentiments religieux et nationalistes à un moment où le “Conseil de paix” de Donald Trump donne une occasion pour lancer un processus de paix sérieux ». Ouvert pour la première fois jeudi à Washington, ce « Conseil de paix » vise à discuter du financement de la reconstruction de Gaza après la guerre. Une grande partie du territoire palestinien a été détruite durant l’offensive israélienne lancée à Gaza en représailles à une attaque sans précédent du Hamas contre Israël le 7 octobre 2023. Une trêve fragile est entrée en vigueur le 10 octobre 2025, mais les échanges de tirs restent quotidiens.