
lalibre.be · Feb 27, 2026 · Collected from GDELT
Published: 20260227T160000Z
Les préoccupations et dérives en matière de coaching et de développement personnel occupent une place importante dans les dossiers du CIAOSN depuis un bon moment déjà. Mais ces dernières années, le phénomène a continué à enfler, à tel point qu'il représente un quart des demandes adressées au CIAOSN en 2024 et 2025, et occupe la première place du podium des thématiques les plus questionnées. Derrière, on retrouve les interrogations sur des courants relevant du protestantisme – Témoins de Jéhovah compris – loin devant les questions sur des mouvements émanant du catholicisme, de l'islam ou du judaïsme."Ces demandes traduisent l'intérêt croissant pour des approches alternatives axées sur la quête de sens, la recherche du bonheur, la performance individuelle ou encore l'optimisation de la santé. Certaines pratiques s'inscrivent dans une logique de 'science du bonheur absolu', de quête d'éternelle jeunesse ou de maîtrise totale de soi à travers la santé connectée et l'amélioration continue", note ainsi le centre dans son dernier rapport bisannuel.Les personnes qui sollicitent le centre d'information s'inquiètent d'une série de dérives associées à ces organisations comme la création d'un lien de dépendance abusif avec le thérapeute/coach, l'encouragement à suivre des séminaires payants, l'intrusion croissante dans la vie privée, des pressions sur l'individu pour qu'il suive toujours plus de formations, la suspicion d'exercice illégal de la médecine ou encore le "recours à des méthodes de type New Age et à des fondements ou références ésotériques susceptibles de plonger les clients dans un état de confusion et de leur faire perdre pied avec la réalité, voire de les éloigner de soins médicaux qui pourraient leur être nécessaires."Le CIAOSN évoque le cas d'une femme s'inquiétant pour son compagnon qui suit des formations auprès d'un organisme spécialisé dans l'accompagnement à la transformation personnelle et professionnelle, fondé par un 'coach reconnu'. "Il lui a été interdit de parler de ce qui se passait pendant les formations. En quelques mois, il a dépensé plusieurs milliers d'euros dans ces formations. Il est constamment en communication avec les autres participants via les réseaux sociaux, des visioconférences ou des appels téléphoniques. Cela a des répercussions sur la vie du couple et il s'éloigne de sa compagne.", illustre le centre. Celui-ci évoque aussi le cas d'" une personne sous emprise dépensant énormément d'argent pour suivre des formations, dont certaines se déroulent à l'étranger, alors qu'elle est au chômage.""On observe aussi le succès de machines qui ressemblent à des laptop superposés et qui créeraient soi-disant un champ magnétique dans lequel les personnes peuvent se baigner, et qui pourrait soigner la dépression ou même le cancer", relève Kerstine Vanderput, directrice du CIAOSN.Procédés culpabilisants"Le fait d'aller rechercher des réponses dans cette sphère de bien-être, sous la forme de pseudo-thérapies, d'accompagnement, de développement personnel ou de coaching de vie montre que la société est en recherche de réponses et que les personnes sont prêtes à investir des sommes considérables pour trouver ces réponses", analyse la directrice, qui décrypte deux grandes caractéristiques qui unissent toutes ces organisations et coach aux profils divers et variés."Ces organisations racontent à la personne qui les sollicite que la réponse à tous ses problèmes est en elle, et qu'elle doit évacuer une série d'obstacles pour trouver sa voie. C'est un phénomène très culpabilisant parce qu'on vient dire à la personne que si elle ne se sent pas plus heureuse, c'est sans doute qu'elle n'a pas cherché correctement les solutions. Et le deuxième diktat associé à ces organisations et coaches, c'est le fait de considérer que le bonheur est obligatoire et qu'il repose uniquement sur des leviers individuels", souligne Kerstine Vanderput.Pour accéder à cet article, veuillez vous connecter au réseau internet.