
lexpress.fr · Mar 1, 2026 · Collected from GDELT
Published: 20260301T093000Z
Le Vieux Continent n’a pas dit son dernier mot. Après des années de domination des marchés états-uniens, de plus en plus d’investisseurs envisagent de diversifier leurs placements en dehors de Wall Street, du dollar, de la technologie… et de Donald Trump ! Dans ce contexte, l’Europe a une belle carte à jouer, d’autant que les curseurs sont au vert pour la zone. "Nous sommes face à un alignement des planètes assez rare", considère Raphaël Thuin, directeur des stratégies de marchés de capitaux chez Tikehau Capital. A commencer par un environnement macroéconomique porteur en zone euro, avec une croissance attendue stable et une inflation maîtrisée. Le retour en grâce des actions européennes. © / L'EXPRESS"L’économie va également bénéficier de la mise en œuvre du plan de relance allemand voté en septembre, dont les dépenses n’ont commencé à être engagées qu’en octobre dernier", complète Laurent Chaudeurge, membre du comité d’investissement de BDL Capital Management. Enfin, de façon plus globale, la zone euro bénéficie d’une meilleure attractivité que par le passé. "Le statut de l’Europe comme zone d’investissement s’est renforcé ces dernières années avec une accélération en 2025", analyse François-Xavier Chauchat, économiste et membre du comité d’investissement de Dorval Asset Management. Un bémol, toutefois : les actions européennes ne sont plus aussi bon marché qu’il y a un an car elles ont déjà rattrapé une partie de leur retard. L’indice MSCI Europe a ainsi gagné près de 20 % en 2025. Pour poursuivre leur progression, les valeurs de la cote européenne doivent donc désormais augmenter leurs profits. "Cela fait trois ans que nous n’avons pas vu de croissance des bénéfices en Europe et nous en attendons 7 à 8 % cette année, indique Laurent Chaudeurge. Une hypothèse raisonnablement optimiste, à laquelle devrait s’ajouter un taux de 3 à 4 % de dividendes, ce qui permettrait une performance des marchés de l’ordre de 10 à 12 %." Cette moyenne cache en outre de fortes disparités, ce qui permet encore aux gérants d’identifier des sociétés très décotées. L’an dernier, l’essentiel de la hausse a été capté par la finance, la défense et les transports. Des secteurs qui pourraient encore monter en 2026, en particulier les valeurs financières, lesquelles reviennent de très loin. "Les banques ont passé les quinze dernières années à améliorer leurs bilans et leur profil de profitabilité", rappelle Raphaël Thuin. Même si leur potentiel de performance est moindre que l’an dernier, il demeure intéressant. Même chose pour la défense, très prisée en 2025 et qui pourrait continuer son parcours haussier en raison de la volonté des Européens d’accéder à une autonomie stratégique. "Nous faisons le pari de la souveraineté, indique Raphaël Thuin. L’Union a pris conscience de ses fragilités et veut investir non seulement dans la défense, mais aussi dans l'industrie, la pharmacie et les infrastructures."De manière générale, les professionnels s'attendent à une meilleure participation des différents secteurs à la progression des cours. "Jusqu’à récemment, nous avions un marché à deux vitesses car l’Europe boursière était surtout vue comme une zone où il fallait acheter les multinationales. Mais, depuis quelque temps, les valeurs domestiques se portent mieux, notamment en raison de la dynamique Internet. Quant à la construction, elle est portée par les grands projets d'infrastructures et le plan de relance européen Next Generation EU", indique François-Xavier Chauchat.Après une année difficile, la santé revient aussi dans les radars des gérants. Les valorisations se situent désormais à un niveau très bas, que l’on n’avait pas connu depuis dix ou quinze ans. De ce fait, les mauvaises nouvelles semblent déjà bien intégrées dans les cours, laissant place à de possibles bonnes surprises. "Nous revenons sur ce secteur car les aléas nous semblent moins forts et la prime de risque devrait se réduire", considère François-Xavier Chauchat. Après une période d’excès, les valeurs de qualité – correspondant aux entreprises en croissance et offrant de la visibilité dans leur génération de revenus - affichent désormais des prix plus attractifs. La principale inconnue pour 2026 réside dans le comportement des petites et moyennes capitalisations, un ensemble qui recouvre des dossiers de qualité diverse qu’il faut donc appréhender avec discernement. Mais l’afflux de capitaux vers l’Europe devrait bénéficier aux meilleurs profils.